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4 juin 2017

C’est une première mondiale, le projet d’un site d’hydroliennes raccordé au réseau national de distribution de l’électricité initié depuis 2008, et géré par EDF à Paimpol-Bréhat (Bretagne), est en essai depuis 2016, et devrait se finaliser en 2019. À travers ce projet, l’énergie hydrolienne pourrait bien signifier l’aube d’une nouvelle filière industrielle du renouvelable en France grâce à l’énergie marémotrice au large des côtes.

 

Parc d’hydroliennes à Paimpol-Bréhat

Le projet initié en 2008 avait pour objectif de tester quatre hydroliennes devant la commune de Paimpol au large de Ploubazlanec et de l’île de Bréhat (Côtes-D’Armor). Les quatre hydroliennes d’une puissance unitaire de 0,5 MW pic devraient pouvoir alimenter 3 000 logements en électricité. Le principe de l’énergie hydrolienne est proche de celui des centrales hydrauliques au fil de l’eau, cependant, ce sont les courants marins qui font tourner les turbines de l’hydrolienne qui fonctionnent dans les deux sens de la marée. Les hydroliennes sont composées de turbines qui sont fixées à une structure implantée à une quarantaine de mètres de profondeur dans le sol de l’océan, et qui convertissent l’énergie cinétique des courants marins en énergie électrique.

Le prototype de 16 mètres de diamètre pour 850 tonnes est développé par la technologie de la société irlandaise OpenHydro, filiale de DCNS. Après plusieurs phases d’étude, de conception, et d’essai sur des prototypes de 6 mètres de diamètre, le premier modèle de taille réelle nommé  »Arcouest » fut immergé en octobre 2011 pour une durée de trois mois à 40 mètres de profondeur, pour subir une batterie de tests en conditions réelles. Il a été amélioré puis immergé de nouveau en 2012. Un câble sous-marin de 15 kilomètres de long a été tiré depuis le positionnement des hydroliennes jusqu’à un poste de livraison électrique situé dans l’anse de Launay.

 

Les tests effectués à Paimpol-Bréhat ont permis de valider les prototypes de 16 mètres de diamètres, étape indispensable avant le développement de la ferme hydrolienne sur le site. Les équipes de DCNS et OpenHydro ont alors voulu produire des hydroliennes de deuxième génération, d’une puissance de 2 MW (contre 0,5 MW avant). C’est pendant l’été 2016 que deux hydroliennes de deuxième génération ont été immergées et reliées aux systèmes électrique terrestre. Début avril 2017 l’une des deux hydroliennes a été remontée pour défaut mineur, elle sera replacée dans quelque mois sur le site.

L’énergie hydrolienne : énergie de demain ?

En France les hydroliennes fonctionnent principalement grâce à l’énergie marémotrice. L’objectif est de placer les hydroliennes près des côtes à une quarantaine de mètres de profondeur, pour ensuite exploiter la puissance des courants engendrés par la marée. Cette énergie est à la fois renouvelable et prédictible. Selon EDF, le potentiel hydrolien français est évalué entre 2 000 et 3 000 MW, ce qui représente 20% du potentiel européen. En plus de fournir une production d’énergie renouvelable et non polluante, cette technologie pourrait se révéler être un secteur économique européen important dans les prochaines dizaine d’années.

L’une des prouesses techniques, outre de positionner deux machines de 850 tonnes à 40 mètres de profondeur, a également été la conception du convertisseur de courant sous-marin, auquel sont reliées les deux hydroliennes. Les hydroliennes de deuxième génération sont les hydroliennes les plus puissantes jamais installées dans l’océan (2 MW). C’est également la première fois que des hydroliennes sont raccrochées au réseau national de distribution de l’électricité. Pour EDF, cette expérimentation se destine à valider un modèle technique susceptible d’être utilisé sur plusieurs sites afin d’alimenter un mix énergétique plus durable d’ici les prochaines décennies. Détail important, selon les observations des vidéos sous-marines, les turbines ne poseraient pas ou peu de perturbations sur la faune marine.

D’autres projets de fermes hydroliennes en Bretagne et en Normandie

Un autre projet est mené par la filiale EDF Energies Nouvelles, toujours en partenariat avec DCNS pour l’ouverture d’une ferme d’hydroliennes en Normandie. Le projet nommé  »Normandie Hydro » consiste en sept hydroliennes posées dans le Raz Blanchard au large du Cotentin. EDF veut promouvoir avec ce nouveau projet  »la création d’une nouvelle filière industrielle française ». Des tests ont déjà été effectués, les prochaines étapes du projet sont la finalisation du développement des hydroliennes, l’obtention des autorisations administratives nécessaires et le raccordement des turbines au réseau prévu pour 2018.

Face a cette opportunité économique, d’autres entreprises énergétiques ont suivis le pas. Le duo concurrent formé par Alstom et Engie va déployer quatre hydroliennes de 1,4MW chacune dans la même zone. À terme, ce serait plusieurs dizaines de fermes hydroliennes qui pourraient être implantées dans la zone de la Normandie et la Bretagne. Selon une étude prospective de RTE datant de janvier 2013, le gisement hydrolien français se concentre dans le Cotentin et en Bretagne nord, sur quelques sites où l’onde de marée est amplifiée par la configuration des côtes (détroits, caps, goulets) : le Raz Blanchard principalement, et dans une moindre mesure, le Raz Barfleur et, près d’Ouessant, le Passage du Fromveur. Cette zone représente 80% du potentiel énergétique hydrolien des marées en France. L’avenir semble définitivement s’orienter vers une mixité énergétique où différentes sources d’énergie, adaptées aux conditions locales, viendraient répondre à la demande tout en laissant le moins de trace possible derrière elles.

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